L'histoire de l'enregistrement vidéo (les principaux évenements)

L’historique de l’enregistrement de l’image est lié à celui de l’audio et de la télévision. Je n’ai conservé que les grandes dates et fait un résumé de chacune d’entre elle. Je ne suis pas rentré dans tous les détails techniques car ce n’est pas le but de ce site. J’ai volontairement omis tous les supports optiques tel que le Laserdisc, DVD, etc. .

1909 : le notaire Français Constantin Senleq dépose un brevet pour l’enregistrement de l’image sur fil de fer. Le concept est déposé mais aucun prototype ne verra le jour.

Janvier 1927 : le Britannique, d’origine Russe, Boris Rtcheoullof dépose un brevet d’enregistrement sur support magnétique sur le principe de l’enregistreur audio le « Télégraphone » de Valdemar Poulsen.

Mars 1927 : l’Anglais John Logie Baird réalise le tout premier enregistrement muet de télévision en adaptant les enregistreurs audio de disques de cire.

Mars 1949 : l’Américain Al Bedford découvre que l'oeil humain est plus sensible à la luminance. L'acuité visuelle étant moins sensible à la couleur. Les répercussions vont être immense dans le domaine de la vidéo et de la télévision : les informations de la chrominance n'ont pas besoin d'être retransmis dans leur intégralité. Le gain sur la bande passante sera conséquent : un facteur de deux en post-production et de 4 en diffusion.

1951 : Bing Crosby, célèbre chanteur Américain, fait la démonstration du premier magnétoscope à bande à Los Angeles fabriqué par Ampex. La société du chanteur ayant un contrat d’exclusivité de distribution de l’appareil. La bobine ne permet que 16 minutes d’enregistrement. L’émission peut être rediffusée le jour même sur les différents fuseaux horaires des États-Unis.

1954 : RCA commercialise son premier magnétoscope avec un enregistrement linéaire avec un bande de deux pouces défilant à 9 mètres par secondes sur une bande de 2 pouces.

1956 : Ampex commercialise sont premier magnétoscope réalisé en série. L’enregistrement de manière transversale en utilisant des têtes tournantes : la consommation de bande tombe à 38 cm/s sur une bande de 2 pouces.

1957 : RCA et Ampex commercialise le premier magnétoscope enregistrant en couleur.

1959 : Toshiba améliore le système avec l’enregistrement hélicoïdale avec un seul bloc vidéo rotatif sur une bande de 2 pouces.

1964 : Philips améliore le système de Toshiba en ajoutant une deuxième tête au bloc rotatif. La technique de l’enregistrement hélicoïdale sera conservée pour tous les magnétoscopes professionnels.

1968 : le procédé de l'enregistrement hélicoïdale est utilisé pour les magnétoscope grand public avec des bandes ½ pouce. Philips et Sony lançant différents modèles.

1970 : premier magnétoscope professionnel utilisant une bande de 1 pouce.

1971 : le U-matic de Sony arrive sur le marché (aussi appelé Beta). La bande est au format ¾ de pouce. Il sera surtout utilisé en institutionnel.

Logo U-matic (ou Beta)

Logo du format U-matic (ou Beta) © Sony

1972 : Philips commercialise le premier magnétoscope à cassette pour le grand public : le VCR avec une capacité de 45 minutes. Arrivé en France en 1975 (pour disparaître deux ans plus tard).

1975 : Sony commercialise le Betamax pour le grand public avec un capacité de 60 minutes. Puis la capacité atteint un maximum de 3h35. C’est un dérivé du format professionnel Beta aussi nomé U-matic. Arrivé en France en septembre 1978 (arrêté en 1983).

Logo Betamax

Logo du format Betamax © Sony

1976 : JVC lance le VHS (Video Home System) avec une capacité maximale de 3 heures (puis jusqu’à 5 heures). Arrivée en France en mai 1978 (arrêté en 2006).

Logo VHS

Logo du format VHS © JVC

1977 : Philips lance la version « long play » de son VCR portant la durée d’enregistrement à 2h30. Pour des raisons techniques, ce système est incompatible avec son grand frère le VCR. Commercialisation en France en octobre 1977, arrêt en 1979.

1978 : Grundig lance le SVR (Super Video Recorder) qui est un dérivé du VRC (avec lequel il est totalement incompatible) permettant 5 heures d’enregistrement. Commercialisation en France en novembre 1978, arrêt en 1979.

1979 : Philips et Grundig lance le V2000 ou Vidéo 2000 avec une cassette utilisable sur deux faces. Le DTF (Dynamic Track Following) était une des grandes innovations du V2000. Il permettait, par exemple, une lecture en accéléré (jusqu’à 9 fois) sans déchirure de l’image. Le DTF a été repris pour Vidéo8 et le Hi8. Commercialisation en France en 1979, arrêt 1983.

Logo V2000 (Vidéo 2000)

Logo du format V2000 © Philips

1983 : le Betacam est lancé par Sony. Il deviendra le standard de toute les chaînes de télévision au niveau mondiale. Le Betacam étant un dérivé du Betamax, les cassettes étaient identiques. Mais des cassettes « grands formats » vont vite faire leur apparition. La définition était de 300 lignes. C’est le premier format professionnel capable d’enregistrer les composantes de luminance et de différence de couleur du signal vidéo. Il donne également naissance aux premiers caméscopes professionnels monobloc révolutionnant ainsi les conditions de reportage. Le Betacam va donner de nombreuses évolutions et déclinaisons comme le Betacam SP par exemple. Toutes ces déclinaisons auront un format de cassette identique.

Logo Betacam

Logo du format Betacam © Sony

1983 : Sony commercialise le tout premier caméscope compact au monde : le Betamovie. Pour la première fois la partie caméra et magnétoscope sont intégrés dans le même (gros) boitier. Ce camescope utilise une cassette Betamax traditionnelle et ne peut qu'enregistrer (la lecture de la cassette est impossible).

1985 : lancement du Video8 par Sony qui avait pour volonté de remplacer le VHS du fait de son format. Ce support sera un grand succès pour les camescopes contrairement au magnétoscope de salon. Le Video8 doit son nom à la bande de métal évaporé sous vide faisant 8 mm de largeur. JVC ripostera en lançant le VHS-C.

Logo Video8

Logo du format Video8 (ou V8) © Sony

1987: Le Betacam SP (SP signifiant Superior Performance) fait son apparition avec un résolution horizontale de 400 lignes. Elle montera à 700 lignes sur les dernières générations de magnétoscopes. Il offre 4 pistes audio distincts. Il deviendra un standard pour les chaînes de télévision jusqu’à l’apparition du Betacam numérique.

Logo Betacam SP

Logo du format Betacam SP (Superior Performance) © Sony

1987 : JVC lance le S-VHS. Premier format grand public à proposer un enregistrement en Y/C (luminance et chrominance séparées) faisant monter la définition à 400 points par ligne. Jusqu’à présent, le signal était composite. JVC en profite pour proposer une gamme de caméscopes avec le S-VHS-C.

Logo Super VHS

Logo du format Super VHS (S-VHS) © JVC

1989 : Sony réplique à JVC et lance le Hi8. Tout comme le S-VHS, le signal est enregistré en Y/C.

Logo Hi8

Logo du format Hi-8 © Sony

1993 : le Betacam numérique (parfois abrégé en Bétanum) fait son apparition. C’est une rupture par rapport aux précédentes générations car il est entièrement numérique. Chaque trame est compressée en JPEG. Les premières versions de magnétoscope permettaient la lecture des Betacam SP.

Logo Beta Numérique

Logo du format Beta Numérique © Sony

1995 : JVC développe le Data-S (ou D9) afin de concurrencer le Betacam Numérique de Sony. La mécanique est la même qu’une cassette S-VHS ou d’une VHS. Cependant la conception du boitier est légèrement modifiée afin d'éviter l'insertion d'une cassette dans un magnétoscope analogique. Arrêt de fabrication : 2007.

1996 : le MiniDV a progressivement remplacé le Video8 et Hi8. C’est un format numérique " faiblement " compressé et qui permet un montage à l’image près.

Logo MiniDV

Logo du format MiniDV (Mini Digital Video) © JVC

1996 : le Betacam SX est un format professionnel destiné à remplacer (encore) le Betacam SP. Il utilise l’encodage MPEG 2.

1997 : création du format professionnel HDCAM par Sony en 16/9 natif. L’industrie des constructeurs de matériel vidéo n’ayant pas réussi à s’entendre, Sony décide d’imposer son support. À l’origine, cette cassette a été développée à la demande de George Lucas pour le tournage de Star Wars, l’attaque des clônes. Il fût réutilisé avant l’adoption par l’industrie du cinéma du HDCAM SR.

1998 : le D-VHS (Digital Video Home System) est un dérivé du S-VHS (lui-même dérivé du VHS). C’est un support entièrement numérique utilisant la compression MPEG 2. En 2002 son évolution a permis de l’adapter à TVHD et, aux États-Unis, la commercialisation de cassettes vidéo « D-Theater » (films en haute définition et protection anti-copie). Il fallait un appareil D-Theater pour lire ces cassettes. À la fin des années 90, un modèle a été commercialisé par JVC pour le marché français. Cependant, il n’était pas possible de lire les cassettes VHS SECAM. Ce fût un échec.

Logo D-VHS

Logo du format D-VHS (Digital VHS) © JVC

1999 : Sony commercialise le Digital8. Il s’agit d’un support exploitant un signal DV (strictement identique à la MiniDV) sur une cassette Hi8 de haute qualité.

Logo Digital 8

Logo du format Digital 8 © Sony

2003 : le HDCAM-SR est un format HD natif 16/9 développé par Sony et essentiellement destiné au cinéma et à la publicité. Le débit monte jusqu’à 880 Mbit/s avec une compression MPEG4 spécifique (sur 10 bits). C’est un format capable d’enregistrer l’image en 4:4:4.

2003 : le format HDV est lancé pour le grand public. Ce format haute définition utilise la cassette MiniDV avec une compression MPEG2. Le format est de 1440 x 1080 : l'image est étirée en largeur afin de recréer une image 16/9.